Le jeu de la mise en terre

Le jeu de la mise en terre est une pièce en trois actes qui suit le parcours de quatre étudiant-e-s, ainsi que d’un dieu et d’une déesse, à la fois dans leur vie physique et dans leur vie virtuelle. En effet, la moitié des scènes a été écrite pour se dérouler en environnement numérique, dans une sorte de réseau social rappelant Second Life ou les récents développements de RealXtend.

Vue du monde numérique des deux premiers actes - Donatien Aubert

Vue du monde numérique des deux premiers actes – Donatien Aubert

Présentation et enjeux

Le jeu de la mise en terre est une pièce née de réflexions à la fois techniques et littéraires sur le développement et les possibilités des mondes numériques. Notre but est donc de proposer une pièce se déroulant à la fois dans un monde physique et dans un monde numérique, sans que le deuxième soit une copie morte du premier, mais se révèle apte à générer une présence propre. A l’encontre des pratiques d’augmentation de la scène physique, qui montrent un acteur jouer, depuis sa présence physique, avec des éléments numériques, nous souhaitons que le numérique soit vu comme un espace à part, générant sa propre théâtralité et sa propre présence, requérant à la fois un travail d’écriture et de mise en scène spécifiques. Il y a donc une séparation entre les moments numériques et les moments de théâtre plus traditionnels.

Mais pourquoi avoir choisi une thématique mortuaire pour aborder une telle recherche ? Parce que la mort est de prime abord absente de l’univers virtuel : les phénomènes numériques, par leur fluidité, leur immédiateté et l’apparente absence d’entropie dans les univers qu’ils simulent semble échapper à cette réalité de notre condition. Ce n’est que très récemment que des questions pratiques ont commencé à se poser à ce sujet, comme, par exemple, la transmission des mots de passe par testament ou le statut des pages Facebook des personnes décédées. A défaut d’être brûlant, ce sujet n’en est pas moins important et demande à être pensé par la philosophie comme par les arts.

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Vue du monde numérique du dernier acte – Donatien Aubert

On peut néanmoins s’étonner de l’angle choisi pour aborder ce problème : celui du sacré, notamment marqué par la présence de dieux sur scène. Le numérique, c’est à dire le plan technologique dans lequel la matière est réduite à de l’information, est-il seulement apte à supporter le caractère terrestre, matériel du sacré et du rituel sans tomber dans la vaine parodie ou la répétition comique ? Inspiré en cela d’œuvres comme Lain, notre pièce ne cherche pas à tout prix à réenchanter le virtuel, mais à réfléchir à la manière dont celui-ci influence nos vies aujourd’hui.

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Un théâtre de manettes

Afin de donner un plein sentiment de présence à un espace numérique, il nous faut comprendre en quoi celui-ci peut présenter une spécificité par rapport à l’espace physique. Cette spécificité nous semble résider dans la malléabilité des mouvements et des lois régissant les corps numériques, permettant ainsi l’exploration de mouvements aberrants (comme, par exemple, faire tomber et se relever un avatar en une fraction de seconde grâce à une animation sur peu de trames).

Les avatars - Donatien Aubert

Les avatars – Donatien Aubert

Pour cela, la manipulation est réalisée à l’aide de manettes, comme face à un jeu vidéo. En pressants sur les boutons, les acteurs et actrices déclenchent des mouvements, enregistrés lors de séances de motion capture, qu’il peuvent altérer en temps réel par des options de ralentissement, d’accélération, de rebobinage etc… Cet aspect très chorégraphié peut ainsi à la fois faire penser à une théâtre codifié comme les théâtres orientaux, et aux bugs et glitchs des mondes numériques.

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Partenaires :

Cette pièce est réalisée dans le cadre du projet DOLMENS (Développement et OntoLogie de Machines et d’Espaces Numériques pour la Scène) mené au sein de Spatial Media, l’un des groupes de recherche de l’EnsadLab, laboratoire de recherche de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Le laboratoire INREV de l’Université Paris-8 est également partenaire de DOLMENS.

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La pièce est réalisée en co-production avec Le Cube, centre de création numérique d’Issy-les-Moulineaux

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Équipe :

Texte, Mise en scène & scripting : Thomas Morisset

Assistanat à la mise en scène : David Suzanne

Ingénierie en réalité virtuelle : Dimitrios Batras

Environnement 3D & conception des avatars : Donatien Aubert

Scénographie : Marion de Villechabrolle

Lumières :  Éric Schoenzetter

Musique : Antonio Tules

Distribution : Juliette de Laroque ; Éva-Léa Le Roux ; Benjamin Lhommas ; Laurie-Anne Macé ; Félix Roulière ; Samantha Wrona

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2 Réponses to “Le jeu de la mise en terre”

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